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Interview Helene le Moignic (Les Filles d a Coté)

Interview Helene le Moignic (Les Filles d a Coté)

Messagepar Fabiano » 07 Nov 2014, 00:13

Interview Helene le Moignic (Les Filles d a Coté)

SITE WEB D HELENE

http://www.helenelemoignic.net


Elle n’a pas parlé depuis l’époque des sitcoms et son départ fracassant des Filles d’à côté. Pour Uneidole.fr, Hélène Le Moignic revient avec une grande franchise sur son parcours. Ses mésententes avec les comédiennes de la série, son retour à la réalité et la façon dont elle s’est, dit-elle, « planquée » pour échapper à ce qu’elle lit sur internet. Un entretien vif et sans concession.

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Votre CV démarre avec Les filles d’à côté. Qu’avez-vous fait avant ? Vous étiez mannequin ?
Pas vraiment. Je cherchais surtout des petits boulots assez faciles. Il y a eu un peu de tout : j’ai fait de la figuration et un peu de mannequinat. Je ne suis pas très photogénique, et je suis arrivée en pleine mode des mannequins suédois ! Je n’étais pas assez blonde, pas assez grande… J’apparais dans des petits catalogues de boutiques de province, en Bretagne… J’ai fait aussi quelques pubs : Kellog’s, La Samaritaine, et même un restaurant japonais ! (Rires.)


Pourquoi des petits boulots ? Vous n’avez pas fait d’études ?
J’ai quitté la maison à 14 ans, après une enfance difficile. J’ai été maltraitée, j’ai connu la DDASS, les foyers… J’ai vécu dans la rue. J’ai dû faire des petits boulots pour survivre. Mon physique m’a permis de vivre pendant quelques années et surtout de voyager. Après l’adolescence, les voyages sont devenus ma respiration ! Il y avait quelque chose de plus merveilleux, de plus coloré, ailleurs. Italie, Thailande, Saint-Martin…

C’est à votre retour à Paris que vous passez le casting des Filles d’à côté…
Le délire a commencé ! Le casting a duré exactement… (Elle réfléchit.) Deux minutes et trente secondes. C’était très bizarre, Aude Messéan, la directrice du casting d’AB Productions, m’a présenté au personnel avant même de m’auditionner. Elle m’a présenté Claude Berda [co-fondateur d'AB, NDLR.], elle voulait me présenter aussi Jean-Luc Azoulay qui était absent…

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Dans quelles conditions passez-vous ce casting ?
Je rentrais des îles Turks-et-Caïcos, au sud des Bahamas. J’apprends qu’ils avaient déjà casté une autre comédienne pour le rôle de Magali. Mais cette comédienne ne plaisait pas à Aude Messéan, elle voulait absolument quelqu’un d’autre. Je vais être franche : elle m’a dit qu’elle voulait « relever le niveau physique » du casting. Il y avait les comédiennes professionnelles, Cécile Auclert (Fanny) et Christiane Jean (Claire), et celle qui allait relever le niveau physique…

Vous connaissiez AB Productions et les sitcoms avant de jouer dans Les filles d’à côté ?
Je ne connaissais ni ces séries ni AB Productions. Mais un ami qui travaillait dans l’audiovisuel m’a dit : « Ne bosse pas là-bas. » Il connaissait sans doute la façon dont AB procédait. Il ne m’a pas assez avertie et j’ai pensé : « C’est bien, tente ta chance ! Une sitcom, à la télé, un des premiers rôles, c’est carrément sympa ! » J’y suis allée franco. Je savais ce qu’était une sitcom, que les dialogues ne seraient pas forcément d’un niveau très intelligent… Je savais que les histoires seraient un peu nian-nian mais ça m’arrangeait ! Je ne me sentais pas prête à jouer un super scénario, je démarrais !

Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec les autres comédiens et comédiennes des « Filles d’à côté » ?
C’était directement sur le plateau ! L’assistant, un type adorable d’ailleurs, a dit : « Vous allez faire une impro ! »

Pourquoi une improvisation ?
Ils ont utilisé ces images pour le générique. Regardez. On me voit, je suis avec Cécile Auclert et Christiane Jean. Je tente la communication. Elles m’ignorent. Dès l’improvisation, ça s’est mal passé entre nous. Je leur parlais, elles ne me répondaient pas. J’ai fait les questions et les réponses toute seule. On retrouve ça dans le générique, et c’est flagrant quand on le sait !

Quelle est l’origine de ce mauvais départ entre vous trois ?
Je n’ai jamais su. Je pense que c’est dans la tête de Cécile Auclert. Elle ne me supportait pas, et réciproquement. Ce sont des choses qui arrivent. Selon moi, on rejette chez l’autre ce qu’on n’aime pas chez soi… Nous étions toutes les deux à l’opposé. Mais je me disais : « On est là, on bosse, tout le monde fait son boulot… » J’en ai chié pendant 135 épisodes !

Carrément ?
Oui. J’y vais cash !

Qui est Magali, votre personnage ?
Magali, c’est une fille qui a envie de s’amuser. Mariée, divorcée. Elle a deux copines. Magali, c’est un peu ces nanas qui lisent Elle. Moi, je ne lis pas Elle. Je suis à l’opposé de Magali : je mange bio, j’aime les animaux, je suis contemplative, je peux regarder pousser les arbres, j’aime l’art japonais, je m’en fous des fringues, je parle mal… Magali, c’est une fifille gentille.

Cécile Auclert, qui jouait le rôle de Fanny, est intervenue en 2011 dans l’émission « Il était une fois » sur TMC, consacrée aux sitcoms. Elle explique qu’elle ne s’entendait pas avec vous car vous veniez sur le tournage sans connaître votre texte…
Regardez la série ! A partir du 100ème épisode, je n’ai plus de dialogues. Cécile me coupait toutes les répliques ! Elle me laissait une phrase. Un jour, je me suis énervée. Je lui ai dit : « T’as qu’à tout prendre ! » Je venais, oui, sans savoir mon texte : je n’avais plus rien à dire !

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Beaucoup de comédiens racontent que, de toute façon, ils recevaient leurs textes à la dernière minute…
Au début, on me faxait mon texte dans la nuit. Je le trouvais à mon réveil, et j’arrivais chez AB Productions à 7 heures. Puis ils ont commencé à nous l’apporter directement dans la salle de maquillage, juste avant le tournage.

Vous avez tenté d’arranger les choses avec Cécile Auclert ?
On a tenté, plein de fois. On a passé des soirées ensemble, pour essayer d’apaiser tout ça. Ca ne passait pas, on n’arrivait pas à se comprendre.

Qu’est-ce que vous lui reprochiez ?
Elle avait des exigences ! Elle a voulu faire grève ! Les techniciens bossaient quinze heures par jour, et, elle, elle voulait faire grève ! Elle voulait qu’on tourne les épisodes en deux ou trois jours, au lieu d’un. Ce que je peux comprendre ! Mais pas chez AB Productions, ce n’était pas l’endroit pour ça. Chez AB, c’est simple : tu viens, tu joues, tu prends ton argent et basta ! Il faut faire avec. Et puis je crois qu’il faut être content de ce qu’on fait ! On fait de la télé ! Sur ce plateau, les gens ne se parlaient pas, ne souriaient pas, on aurait dit qu’ils allaient à l’usine. On bossait beaucoup, d’accord. Mais faire de la télé, c’est plus sympa que passer le balai.

Vous avez des regrets concernant cette ambiance ? Vous avez tenté d’y remédier ?
Je me dis que, bien organisées, on aurait pu faire quelque chose de magnifique. Si nous avions été toutes les trois soudées, Cécile, Christiane et moi, nous aurions pu faire plein de choses, nous aider les unes les autres. Pourquoi ne pas m’aider si mon jeu ne convenait pas ?

Vous aviez aussi des soucis avec Christiane Jean ?
Elle se faisait un peu influencer par Cécile…

Quand vous dites : « Nous aurions pu faire plein de choses », à quoi pensez-vous ?
Un jour, nous avons dîné toutes les trois dans une pizzeria près de chez moi et j’ai proposé à Cécile et Christiane une sorte d’union sacrée. Je leur ai dit : « C’est une série pour enfants, arrêtons de nous prendre pour des stars ». Elles voulaient changer les scénarios… Si c’est un Coppola, je veux bien, mais pas AB. Il y a des choses qu’on ne change pas : AB, c’est AB. Ils faisaient de l’argent en exploitant notre image. J’ai proposé un pacte aux filles : nous afficher unies toutes les trois, comme un groupe. Et pourquoi pas faire des publicités ensemble, faire de l’oseille. Il fallait exploiter l’image qu’AB nous avait créée et monter tellement haut au point de pouvoir s’extraire d’AB ! Nous étions foutues ! Foutues pour foutues, autant en profiter. Elles ont refusé. C’est dommage.

Pourquoi ont-elles refusé ?

Elles pensaient qu’elles pouvaient faire autre chose, seules. C’est dommage qu’on – et je dis bien « on » – c’est dommage qu’on n’ait pas été plus intelligentes que ça.

Quel souvenir gardez-vous des textes de la série ?

C’était toujours la même rengaine, aucune évolution dans ces textes. Aucune scène de bagarre, pas un truc un peu tripant ! Toutes ces scènes à se demander qui va aller ouvrir la porte… « Tu y vas », « Non vas-y », « Vas-y toi », « Bon j’y vais »… (Rires.) C’était terrible.

Vous avez évoqué vos deux collègues féminines. Quid des hommes de la série, par exemple Thierry Redler ?

Les meilleures scènes, c’était avec lui. Il savait dépasser le texte et il était un des seuls à me donner des conseils ! Thierry sait bouger dans l’espace et faire jouer autre chose que le texte.

Gérard Vivès ?
C’est un sportif, il voulait gagner de l’argent pour monter sa salle de sport. Ses parents n’étaient pas au courant qu’il jouait dans cette série ! Ils étaient profs, il avait peur qu’ils soient déçus ! (Rires.) Nous n’avons pas eu vraiment le temps de nous parler. Le montage est tel que les séquences s’enchaînent et les téléspectateurs peuvent penser qu’on se croisait tous… C’est par exemple ce qui s’est passé avec Dan Simkovitch…

Dan Simkovitch qui jouait Madame Bellefeuille et qui, sur ce site, a expliqué le peu d’affection qu’elle vous portait. Par exemple, je cite, vous auriez « mis trois mois avant de [lui] dire bonjour »…
Je ne connais pas Dan, j’ai joué une seule vraie scène avec elle ! On arrivait à 7 heures du matin ; elle, elle tournait une ou deux scènes de temps en temps et elle arrivait l’après-midi. Quand nous étions là depuis le matin, nous n’en pouvions plus… C’est elle qui arrive, c’est elle qui doit dire bonjour !

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Avec elle aussi, ça s’est mal passé…
On ne la voyait jamais. Je l’ai surprise un jour à se plaindre du travail d’une habilleuse. A l’époque, c’était plus difficile qu’aujourd’hui de trouver des vêtements grandes tailles. L’habilleuse avait sué toute la journée pour rapiécer un vêtement de sport afin que Dan puisse le porter. Elle avait scotché des bouts de tissu, et elle marchait à quatre pattes derrière elle pour que ça tienne. Dan a râlé à propos du costume, j’ai trouvé ça dégueulasse.

Dan Simkovitch raconte aussi que vous auriez « engueulé » sa fille qui confectionnait des rubans rouges, vous auriez demandé si elle reversait l’argent des rubans à Sidaction...
Je ne sais même pas quoi répondre à ça. Je n’ai jamais vu sa fille, je me demande si elle ne confond pas avec une autre comédienne. Cette histoire de ruban, ça ne me dit rien. Tout ça, ce sont des histoires d’école maternelle. « Elle ne m’a pas dit bonjour, gna gna gna… » Ca me gonfle !

Avec Les filles d’à côté, vous êtes devenue célèbre. Vous receviez beaucoup de lettres ?
Plein ! Des sacs entiers ! J’essayais d’y répondre, mais je ne savais plus comment faire ! Je prenais une lettre au hasard et j’y répondais. J’ai même embauché quelqu’un pour s’occuper de mon courrier. Les filles étaient vertes.

Que disaient ces lettres ?

C’était mignon ! C’était souvent : « Je vous adore… » ou « Mag, est-ce que tu peux m’envoyer une photo, je te fais un bisou… » Il y avait aussi des lettres d’adultes qui se confiaient à nous…

On vous a proposé de faire un disque, comme pour la plupart des vedettes des sitcoms ?
Non, jamais. J’ai testé une fois, mais hors d’AB Productions… Une catastrophe !

Un moyen utilisé par AB pour asseoir la célébrité de ses comédiens, c’était les journaux. Dorothée Magazine, Télé Club Plus… Comment se passaient ces interviews très consensuelles ?
Il fallait dire ce que l’attachée de presse voulait bien entendre. Toujours donner une bonne image, ne pas sortir du personnage, ne pas raconter de conneries. On se retrouvait à dire des choses très superficielles et ils brodaient autour.

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Dans un Dorothée Magazine dont vous faites la couverture, on peut lire que vous avez « les yeux qui passent du vert au bleu marine selon le temps »…
Sans déconner ? C’est faux !

Que vous êtes « l’ennemie intime du stress et du strass »…
Pourquoi pas ?

Que vous rêvez de vivre sur un bateau…
Ah non, pas vraiment…

Vous vous êtes prêtée au jeu des reportages photo pour Télé Club Plus…
Nous étions obligés ! C’était très mal vu de refuser. Si on disait non, on était punis, Jean-Luc Azoulay nous privait de tournages. Cécile Auclert a été punie huit jours après son histoire de grève. Ca calme.

Vous fréquentiez les comédiens des autres séries ? Hélène et les garçons, Premiers baisers...
Je n’ai jamais connu aucun comédien des séries ! Nous n’avions pas le temps de nous fréquenter, on ne se croisait même pas ! Quoiqu’il arrive, je ne m’aventurais pas ailleurs. Il paraissait que l’équipe des Filles d’à côté avait très mauvaise réputation auprès des gens des autres séries…

Quelle était votre opinion concernant votre producteur, Jean-Luc Azoulay ?
(Elle réfléchit.) Je le trouvais malhonnête et pas très intelligent. Il ne venait jamais nous voir sur le plateau. On ne le voyait pas, on ne le sentait pas, on ne le touchait pas.

Pourtant, il était partout… Derrière vos séries, vos textes, vos contrats…
Il régnait en maître, oui. J’en ai eu la preuve. Un jour, j’ai eu un problème à l’oreille, un petit virus, qui me faisait perdre l’équilibre. Je suis allée dans son bureau en attendant qu’il appelle un médecin. Et là, j’ai halluciné. J’ai vu un mec avec une petite casquette, les pieds sur le bureau et des écrans partout sur le mur, avec toutes les chaînes de télé et les caméras de chaque plateau de tournage. Autre anecdote : un jour, j’ai voulu manger un morceau, tranquille, à l’air libre. J’ai levé les yeux et là, j’ai vu sa maison sur le toit d’AB Productions. J’ai eu un choc. Je me suis dit : « Ce mec est dingue ! » C’est malsain. Cette maison au-dessus des studios… Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

Vous aviez une opinion très tranchée de l’homme, mais que pensiez-vous de son travail ?
Je n’ai jamais compris pourquoi il n’allait pas plus au fond des choses. Pourquoi il n’y avait pas plus d’émotion dans ses textes. La série marchait, mais elle aurait pu mieux marcher encore. Jean-Luc Azoulay est quelqu’un qui se contente : ça fonctionne comme ça, alors on continue. C’est un businessman. Tout ça, c’est un peu sa faute. Pour moi, Azoulay c’est diviser pour mieux régner. Il est le maître.

Que pensez-vous de Dorothée ?
Je n’ai eu aucun contact avec elle. Au sein d’AB, certains disaient du mal d’elle. J’entendais qu’elle avait quitté son mec pour sa carrière. Putain, ça ne regarde qu’elle ! Pourquoi tout le temps détruire les autres ? Pourquoi casser ? Ce genre d’attitude tire tout le monde vers le bas.

Le Club Dorothée avait sa propre cérémonie de remise de prix, qui récompensait essentiellement les séries AB, les Club d’Or. Vous avez remporté un Club d’Argent. Vous l’avez gardé ?
Je ne crois pas… J’ai jeté beaucoup de choses…

Vous disparaissez des Filles d’à côté à l’épisode 136. Comment quittez-vous AB ?
Mal !

Pourquoi ?
Il était 4 heures du matin, j’y étais depuis 7 heures la veille, ça faisait 135 épisodes que ça durait, j’en avais plein le cul des deux autres [Cécile Auclert et Christiane Jean, NDLR]. Mon ami l’assistant était parti depuis une semaine. Quand je rentrais dans ce plateau, c’était noir, c’était sombre. En guise de repas, on devait grignoter dans un coin du studio. C’était devenu noir, noir, noir. Quatre heures du matin, il restait deux scènes à tourner, je devais revenir sur le plateau à 7 heures pour un nouvel épisode.

Que s’est-il passé pour que vous partiez ?
On tournait, et Thierry Redler a fait le con, il est passé dans le champ avec une coiffe d’indien. Le réalisateur a arrêté le tournage et a dit : « On la refait ! » Ah non ! Je n’en pouvais plus ! On la refait demain ! Je me suis engueulée avec le réalisateur et j’ai eu un flash. Je me suis dit : « Tu te fais insulter, ça ne t’apporte rien, personne ne t’a proposé quoique ce soit depuis un an, c’est vide, il est 4 heures du matin, prends une décision. Reste, et alors reste jusqu’à la fin de ta vie, caresse Azoulay dans le sens du poil et il te trouvera toujours un boulot. Ou alors tu te casses. » J’ai eu trois secondes pour me décider. Je suis partie.

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On a essayé de vous retenir ?
Thierry Redler m’a dit : « Si tu pars, tu ne pourras plus revenir« . Soit !

Comment votre personnage disparaît de la série ?
Comme une salope et une voleuse. [Le personnage de Magali prend la fuite après avoir passé la nuit avec Marc et elle est soupçonnée d'avoir volé la caisse de Gérard, NDLR.]

On vous a téléphoné ?
Le lendemain, aucun coup de fil. Aucun comédien n’a appelé. Le surlendemain, j’ai reçu une lettre d’AB me disant que j’étais interdite de séjour dans leur studio. Ils m’avaient déjà remplacée à l’écran. Denis Bortot [chargé de production, NDLR.] m’a appelée, en me disant : « Venez, on va parler, on va s’expliquer… » J’étais tellement en colère que je lui ai demandé d’attendre, il n’a pas voulu. C’était à eux de s’excuser.

Qu’avez-vous fait dans les semaines qui ont suivi votre départ ?
J’ai revu le soleil. J’ai évacué toute cette noirceur. J’avais 30 ans, une belle expérience malgré tout, avec de la télé, un nombre conséquent d’épisodes… Je suis allée m’inscrire dans un cours de théâtre, j’y ai passé un an. Il y avait Cachou de Classe Mannequin ! J’ai fait beaucoup d’exercices pendant un an, pour voir. Et quand le directeur du cours m’a dit : « Dans ce métier, tu feras très peu de rôles qui te plairont vraiment », je me suis dit que ce métier n’était peut-être pas fait pour moi, que je n’étais pas si bonne que ça. J’ai arrêté.

Vers quoi vous êtes-vous orientée ?
J’ai repris mes voyages ! J’ai visité l’Europe pendant un an, avant de retourner à l’école. J’ai étudié le droit. Ensuite, j’ai fait une école de naturopathie pendant six ans, du graphisme et de la psychothérapie ! Et surtout, je me suis planquée. Je vivais dans une piaule à Paris, je ne suis pas sortie, je ne voyais personne. Pour vivre, j’étais auxiliaire de vie, avec les personnes âgées.
Vous avez regretté ?
Pas du tout.

Pas même pour l’argent ?
Je viens d’un milieu difficile donc l’argent, ça ne me fait pas peur. J’en ai, c’est bien, je n’en ai pas, c’est pas grave. L’important, c’est comment je me sens. Je ne pouvais plus continuer. On ne pouvait pas me traiter comme ça.

Vous n’avez plus jamais tourné. Vous vous attendiez à un autre rôle, une autre série ?
Non, parce que ce n’était pas mon métier. Je voulais juste respirer, me calmer. J’ai tout de suite appelé un agent, pour qu’il s’occupe de mes affaires. Nous avions rendez-vous, il a annulé. AB Productions a fait casser le rendez-vous, en disant à cet agent qu’il ne pourrait plus placer ses comédiennes chez eux s’il m’acceptait dans son agence. Je suis retournée chez AB, j’ai eu une grosse engueulade avec les gens du casting.

Qu’avez-vous fait dans les semaines qui ont suivi votre départ ?
J’ai revu le soleil. J’ai évacué toute cette noirceur. J’avais 30 ans, une belle expérience malgré tout, avec de la télé, un nombre conséquent d’épisodes… Je suis allée m’inscrire dans un cours de théâtre, j’y ai passé un an. Il y avait Cachou de Classe Mannequin ! J’ai fait beaucoup d’exercices pendant un an, pour voir. Et quand le directeur du cours m’a dit : « Dans ce métier, tu feras très peu de rôles qui te plairont vraiment », je me suis dit que ce métier n’était peut-être pas fait pour moi, que je n’étais pas si bonne que ça. J’ai arrêté.

Vers quoi vous êtes-vous orientée ?
J’ai repris mes voyages ! J’ai visité l’Europe pendant un an, avant de retourner à l’école. J’ai étudié le droit. Ensuite, j’ai fait une école de naturopathie pendant six ans, du graphisme et de la psychothérapie ! Et surtout, je me suis planquée. Je vivais dans une piaule à Paris, je ne suis pas sortie, je ne voyais personne. Pour vivre, j’étais auxiliaire de vie, avec les personnes âgées.

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Pourquoi se « planquer » ?
Internet, les forums… On disait tout et n’importe quoi sur moi. Je voulais qu’on me foute la paix. J’ai vu mon adresse sur internet, des gens venaient sonner chez moi… On a même créé une boutique à mon nom ! Sur internet, les gens ne se rendent pas compte du mal qu’ils font. Ils cassent le passé des gens, ils cassent leur présent, ils cassent leur futur. Un docteur m’a proposé un boulot de naturopathe, je devais occuper une annexe de son bureau, on devait fonctionner en tandem. Je devais aider ceux qui préfèrent passer par la médecine alternative. Ca n’a pas fonctionné : dès qu’on tape mon nom sur internet, on tombe sur des horreurs ! Je ne suis pas crédible.

Vous avez souffert de ce que vous avez lu sur le net ?
J’en ai pleuré ! J’ignorais tout ça jusqu’à ce qu’un ami vienne m’en parler. Ca m’a fait vachement mal. Je veux invoquer l’article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. « Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. »

A qui en voulez-vous particulièrement ?
Aux sitcomologues ! [Site consacré aux sitcoms AB avec un traitement très second degré, NDLR.] Je n’ai vu que des mots vulgaires, des situations pornographiques. Ils attaquent beaucoup les femmes. Ils ont une vieille théorie freudienne : chez AB, tout est cul. Ils mettent des captures d’écran avec des commentaires en-dessous. Ils utilisent les noms des comédiens, leurs photos d’aujourd’hui, ils attaquent personnellement les gens… C’est de la destruction. Un recruteur qui voit ça, c’est terminé. AB devrait intervenir et nous protéger ! Mais Jean-Luc Azoulay trouve ça rigolo…

Vous contre-attaquez ?
J’ai écrit aux sites.

Vous m’avez écrit, après l’interview de Dan Simkovitch…
Oui. Je l’ai fait avec 2 ou 3 sites mais les hebergeurs ne réagissent pas, c’est lent. J’ai signalé de faux profils Hélène Le Moignic sur Facebook… J’ai créé un site pour dénoncer ce genre de comportement. Ca s’appelle « Point pas net ». J’ai pris un avocat, un dossier est en cours.

Je crois que vous avez aussi fait appel à une entreprise de e-réputation…
Je tente. On essaie de faire retirer des contenus, ou à défaut de les enfouir… Il faut que ça cesse.

Concernant les Sitcomologues, vous ne prenez pas en compte le second degré, le côté « troll » ?
Nous ne sommes pas dans la liberté d’expression. C’est de la diffamation. J’en souffre. Moins qu’avant, car je suis déterminée. Je n’ai pas fait de déprime mais j’étais très en colère.

Ils ont supprimé toute référence à votre nom…
Ce n’est pas suffisant. Ça apparait encore sur Google. J’estime qu’on pourrait me demander mon avis ou raconter des choses positives. Aller vers le bas, ça ne m’intéresse pas.

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Votre célébrité continue d’être assurée par les multiples rediffusions des Filles d’à côté. Plusieurs dizaines d’épisodes continuent à être diffusés chaque jour...
J’aimerais ne plus me voir. Être chaque jour associée à cette série, ça me fige dans le passé. Sans parler du fait que je ne touche rien ! Le contrat prévoyait des rediffusions, oui. Mais en 1994, il n’y avait pas autant de chaînes, pas autant de médias, pas de YouTube ! AB continue à vendre ces séries. J’estime qu’AB a aussi sa part de responsabilité dans les actions de tous ces sites internet. Tout ça est lié.

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J’ai contacté d’autres comédiens des séries. Mais c’est très compliqué : tout le monde n’a pas le même contrat, tout le monde ne s’oppose pas aux rediffusions… C’est au point mort pour le moment.

Jean-Luc Azoulay évoque un projet de Filles d’à côté version 2013…
Non. Non, non, non. Non. Non. Non, non, non. Non.

Finalement, votre ressenti sur ces années, c’est…
AB Productions = malédiction.

Sur ce site où je rencontre beaucoup d’anciens d’AB, la plupart des personnes interviewées me décrivent une ambiance formidable et familiale, et gardent un souvenir ému de leur travail avec Dorothée…
J’aurais pu garder un bon souvenir de tout ça s’il n’y avait pas internet, pas AB Productions qui fait feu de tout bois, pas cette mauvaise ambiance sur notre plateau. J’ai gardé de tout ça une certaine expérience. Si c’était à refaire, je ne le referais pas.

Vous vous êtes mise au dessin. Vous racontez en BD votre expérience chez AB…
Ce sont « Les coulisses de Mag ». J’explique comment ça s’est passé, j’essaye d’être drôle. Ce n’est pas très élaboré, je n’ai pas de matériel. C’est léger et ça me fait du bien.

Je suis allé sur votre site et votre page Facebook. On peut y lire notamment ceci :

Et non je suis pas magali Magali c’était un rôle, je m’apelle hélène, putain c’est pas bol quand même, s’appeler de son vrai prénom hélène chez AB prod avec le rôle de magali j’avoue que c’est un peu le bordel, putain de karma, bon alors je vais être sage comme une image, hi hi, enfin à bien y réfléchir non, allez karma pour karma foutons le bordel, et je chanterai pas je m’apelle hélène je vous assure sauf si vous êtes vilain…

C’est totalement déjanté !
Ça me vient comme ça ! Je parle avec les gens, on échange, ça me fait marrer, je pense que ça fait marrer les gens aussi…

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Vous n’avez pas peur qu’on vous imagine aigrie ?
J’essaie juste de faire quelque chose de drôle… Trop de gens racontent ma vie à ma place. C’est une façon de leur couper l’herbe sous le pied !

Vous avez pensé à changer de nom ?
Bien sûr ! Mais ce n’est pas possible ! Mes raisons ne sont pas considérées comme de « bonnes raisons ». Je pense qu’un jour ça le deviendra. Trop de gens auront des problèmes avec internet.

A quoi ressemble votre vie aujourd’hui ?
Je travaille pour une famille. Je m’occupe d’eux, des enfants, je fais tout dans la maison. C’est un peu comme la famille que je n’ai pas. Et je veux qu’on me fiche la paix, tout simplement.

Et vous vous voyez à la télé, le soir…
Je mets AB1 pour mon chien quand je m’absente, comme ça il a ma voix !

Vous dites-vous que vos années AB ont gâché votre vie ?
Oui, bien sûr. C’est pourri de l’intérieur. Comment expliquer ? Comme un mouvement malsain, un peu comme le ver dans la pomme. AB Productions, ça draine de sacrés trucs, une drôle d’ambiance… Le premier jour, Jean-Luc Azoulay m’a dit : « Vous verrez, on est une grande famille ! » Moi qui en avait besoin… Je n’ai pas pris le bon chemin.

Vous qui avez tant voyagé, pourquoi ne pas partir vivre à l’étranger, laisser tout ça derrière vous ?
Quand mon chien sera mort ! (Rires.) Ca reste quelque part dans un coin de ma tête. Je finirais bien ma vie ailleurs.

Propos recueillis par Mickaël Frison

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